La Chine, suite

23 Avril:
 
Nous avons enfin volé dans le « box » Chinois, comme prévu très long et peu profond: 1.500m x 500m
Des repères à foison sur un terrain en pleine effervescence en vue de l’énorme Salon qui se prépare: des tentes blanches partout, des travailleurs acharnés (on ne les imagine pas en train de parler de RTT…), toujours une visi + que correcte avec 15 kts de vent. Ceci explique probablement cela d’ailleurs.
Mais toujours, encore et encore, une interruption non prévue entre les 2 vols prévus, ce qui n’aura finalement permis qu’un seul et unique vol. Mieux que rien, me direz-vous…
Là, nous croyons encore dans la possibilité d’un 2ème vol:
 
Beaucoup d’avions sont maintenant sortis des conteneurs en cours de ré-assemblage dans les hangars.
Mais tout le monde n’a pas notre chance: les Lituaniens savent que leurs Yaks 50 sont arrivés au port, mais on ne sait pas où ils sont. Reste donc encore de la route + les formalités habituelles de transit et de douane. Nous en serions probablement là si, comme eux, nous avions accepté la formule prévue officiellement, cad les avions partis début Février par bateau. Mais ce ne sont pas les plus malchanceux… Les 2 très sympathiques Australiens ont eu l’horrible surprise de constater ce matin, à l’ouverture des portes de leur conteneur, que leurs 2 Extra 300 étaient endommagés: ailerons, hélice, train. Les accéléromètres en place avaient enregistré +12/-10G, les trains étaient sortis de leurs cales etc. Ces 2 avions vont repartir directement en Allemagne pour être réparés. Heureusement pour eux, en Australie, c’est la saison d’hiver qui arrive. Mais quelle déception après toute cette préparation…
Adam & Brett, le mécanicien et pilote Australien:
On ne remerciera jamais assez Aéro-Service-Romans et son manager, dit « perfect body »:
 
Notre vol s’est bien passé. Nous avons pu en profiter pour calibrer le chrono de la série « Classique » et prendre des repères au sol. Finalement, là ou ailleurs, le ciel c’est le ciel et les avions ne savent pas qu’ils ne volent plus dans le ciel Européen. Au passage, un grand Merci à nos coachs qui nous permettent aujourd’hui, de nous sentir à l’aise un peu partout: dans l’ordre chronologique, je nomme Patrick Paris, Jacques Aboulin et Romain Fhal. Ce qui ne nous empêche pas, soyez rassurés, d’être vigilants ++.
Photos à suivre
Au retour dans le hangar, j’ai eu la bonne surprise de voir s’avancer vers moi Nick Buckingham, président de la CIVA (Commission Internationale de la Voltige Aérienne dont j’ai d’ailleurs été membre) qui, au nom de la CIVA, m’a présenté ses excuses pour les difficultés à obtenir des Licences Sportives en France.
Là comme ailleurs, les problèmes viennent en général de personnes dévalorisées ayant eu l’impression d’être mises à l’écart quand il s’agissait de décider. En décodage biologique, on parlerait de conflits de rancoeur ou de territoire… Inutile d’envisager les programmes de maladies que ces inconscients se créent au passage.
La présence de Mr Buckingham a rapidement été à l’origine d’une réunion au sommet où mon petit doigt me dit que nous pourrions être à l’aube de quelques nouvelles surprises concernant la suite des événements. Affaire à suivre…
Adam & Nick Buckingham – Réunion « au sommet »:
Nos Caps10 prêts pour une nouvelle nuit Chinoise:
Retour ensuite à l’hôtel où nous avons rencontré les 3 pilotes de la « Présidential Team » de Lituanie qui, en toute simplicité, tire son nom du leader, Rolandas Paksas qui fut… président de Lituanie. A l’heure où les Français votent pour le 1er tour de la présidentielle, on a un peu de mal à imaginer l’un des anciens présidents ou l’un(e) des actuel(le)s présidentiables aux commandes d’un avion de voltige, leader de sa patrouille. Ça donnerait probablement des individus plus responsables, obligés d’être dans l’anticipation, de prendre vraiment soin de leurs ailiers etc. puisque, contrairement aux médecins, en cas de problème, les pilotes sont dans le même sac (bodybag?) que leurs victimes.
Adam & Rolandas:
Demain matin, nous saurons qui figurera au 2ème tour des élections présidentielles en France. Pour nous, notre journée de pilote commencera par un briefing et, si tout roule, se poursuivra par au moins 1 vol. Inch Allah… Ô pardon, Macron n’est pas encore président.
22 Avril:
Briefing on time à 09:15, durant lequel nous apprenons que, contrairement au planning des vols, nous ne pourrons voler qu’à partir de 17:00… les militaires, toujours les militaires.
Clément en profite pour s’occuper du smoke system, du phare et du  rotating du GOUM.
Puis retour momentanément à l’hôtel en attendant de repartir vers les avions dans l’après-midi.
La Chine… comment dire?
Nous sommes bien retournés au terrain l’après-midi.
Nous devions voler à 17:20, et avons donc mis en route à 17:03, car il y a un looong roulage, de A1 à A3, puis passage par un parking en direction de A4.
De gauche à droite, Alpha 1, 2, 3, 4 et 5:
Mais rien ne s’est passé comme prévu:
A part des sons Chinois naturellement incompréhensibles sur 122.10, la fréquence prévue, impossible de joindre « Mike », supposé maîtriser les 3 (oui, seulement 3) entraînements prévus avant le coucher du soleil. Ni sur la fréquence primaire, ni sur la secondaire. Pour la faire courte, après avoir appelé 10 fois en position A1, alors que l’avion des parachutistes – toujours lui – était planté en plein milieu de la piste travers A3 pour reprendre sa cargaison de paras, j’ai finalement pris la décision – en prévenant naturellement sur les 2 fréquences dédiées – de remonter rapidement le bord de la piste, sûre qu’au moins, pendant les 3 minutes qu’allait prendre le remplissage de la nouvelle cargaison de paras, aucun autre appareil ne risquait de se poser ni de décoller. Là, « Mike » s’est réveillé – j’avoue humblement que c’était le but! – pour demander qui avait donné la clearance. J’ai répondu qu’en l’absence de réponse et en assurant l’auto information sur ce terrain où rien ne se passe, j’avais pris la décision de remonter cette portion de piste pour pouvoir décoller comme prévu à 17:20. Oops. Ensuite A3, puis attente en A4 alors que les Yaks qui nous avaient précédés n’arrivaient pas à obtenir l’autorisation de se poser, alors que rien ne se passait! Ici, tout est compliqué et la pensée suit parfois les mêmes méandres que le Yellow River proche, et qui donc nous échappent. Mais les bases restent les base, en entendant le leader des Yaks annoncer « short fuel », les choses se sont un peu accélérées.
Mais nous n’étions pas au bout de nos peines. Au bout de 30 minutes de taxi et attente, nous avons appris que « les opérations » avaient décidé d’interrompre les vols, qu’il y aurait un briefing à 18:00 pour savoir ce qui se passerait ensuite. On aurait pu se croire dans les pires moments de Mai 68, quand quelqu’un décidait qu’il fallait faire une réunion pour savoir quand serait la prochaine réunion.
Pendant tout ce temps, bien-sûr, les hélices tournaient, les bougies s’encrassaient, etc.
Le sunset étant proche de 18:30, la piste en service étant pile dans l’axe Ouest (une 28), inutile de préciser que ce nouvel oukase n’aurait en aucun cas laissé le temps d’assister à un briefing, remonter dans les avions, s’attacher re-rouler, décoller et voler.
Ah oui, parce que j’avais oublié de dire que, tant que les parachutes supposés arrêter de voler à 17:00 étaient encore en l’air, il était inenvisageable de voler verticale la piste pour prendre des repères. La consigne était: « Allez à 3km dans le Nord-Est, ne passez pas par la vent arrière au retour et positionnez-vous à 2 km dans l’axe à… 100 ft sol pour une longue finale »! Quand on sait que le coin est bourré de poteaux, antennes et autres câbles, je ne sais pas bien à quoi jouent « les autorités » Chinoises ou autres. Pour ma part, si nous avions volé, je n’aurais tout simplement pas accepté de me balader – et d’emporter mon ailier dans cette galère – à 30 m sol, au milieu des câbles, soleil de face, sur une fréquence non réellement maîtrisée!
Bref, ce non-vol nous a peut-être sauvé la peau…
Nous avons donc rangé les avions dans le hangar, partie remise demain pour un briefing fin de matinée, suivi, si Dieu ou les diverses divinités Chinoises le veulent, pour un nouveau vol, peut-être.
L’impression d’être passée d’un mauvais jeu de Monopoly (Ne passez pas par la case vent-arrière) à un jeu de Flipper clignotant où rien ne se passe (Same player shoots again) en passant par un jeu de dominos où une impulsion venue d’on ne sait où, fait dégringoler tout le système, voilà une journée qui laissera un goût un peu amer dans le genre « Tout ça pour ça ».
To-morrow is another day. Si la visibilité veut bien tenir, alors nous ne regretterons pas tous nos efforts, de même que ceux de tous les amis qui nous ont, d’une façon ou d’une autre, encouragés et soutenus pour cette aventure Chinoise.
De retour à l’hôtel, suivant le bon principe qu’il ne faut quand même pas se laisser abattre, alors que notre cher Romain Fhal en plein entraînement « Equipe de France » était à la San Pellegrino somewhere en France, nous voici avec Clément, omniprésent, efficace, calme et souriant, autour d’une Tsingtao bien méritée:
21 Avril:
Les avions sont donc assemblés.
A midi, le premier Cap10, le FBHE est terminé! Plein fait
Le GOUM en cours de finition:
Et pendant ce temps, tout va bien, la sécurité Chinoise assure!
A 16:00 le 2ème aussi, plein fait, les 2 avions sont prêts à voler.

Merci à Bogdan et Anca, de l’équipe Roumaine de photographes, pour avoir déposé ce lien Youtube sur l’assemblage des Caps10:Video Credit: Bogdan Pop & Anca Cheregi

#fac2017 #wfac2017 #formationaerobaticchampionships #aerobatics#formationflying #formationaerobatics #flying #zhengzhou

Et voici le drapeau « CAPTENS »:
 
Test flight supposé commencer à 17:15 mais, pour des raisons diverses – en particulier parachutistes militaires qui marquent franchement leur territoire en ajoutant une rotation non prévue – décollage à 17:50 seulement, soleil pile de face avec, dans le GOUM, Clément et Marianne et Adam, accompagné d »Antoine », des Ailes du Petit Prince, dans le BXHE.
On se souviendra du taxiway raté (mea culpa mais personne sur la fréquence…), CAPTENS suivis par les Breitling imperturbables au milieu des tréteaux et autres camions…  Un chien sur le parking dédié, sans laisse, le bordel Chinois total, mais excellente visi, 15 kts presque dans l’axe de la 28.
A l’atterrissage, il faudra rapidement dégager la piste pour laisser décoller les Yaks, poser les Breitling, décoller les Global Stars. Puis retour au parking, soulagés de voir que, en Chine aussi, « l’air est porteuse! »
Avions tranquillement rentrés au soleil couchant, retour en bus à l’hôtel, dans une circulation toujours aussi étonnante, où les générations se côtoient sur de minuscules véhicules style mobylettes carrossées: grand-mère au volant, petit-fils à l’arrière en train de bricoler son téléphone portable, ou encore jeune femme portant un masque, hauts talons, cheveux au vent. La Chine, pays de paradoxes…